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CR Ironman Vitoria-Gasteiz.

Il est 5h du mat le réveil sonne ça ne fait qu’un tour dans ma tête limite une crise cardiaque, je sais qu’il est temps d’y aller. Jusqu’à maintenant je ne stressais pas vraiment mais ce réveil me remets tout de suite en place.

C’est aujourd’hui cocotte 😱💥.

Place au petit dej’ comme d’hab’ pas grand-chose ne rentre à cette heure là dans mon Bidou, je me force un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… évidemment il faut que ça rentre j’en ai pour 12 heures d’efforts…

6h30 départ pour le bus 🚌 qui nous mènera jusqu’au lac qui se trouve à 20 km du centre de Victoria.

Arrivée au lac petit passage dans le parc à vélo 🚲 pour vérifier les derniers réglages ⚙️ de mon Mérida bike, mais aussi pour prendre soin de regonfler mes pneus.

Je sors du parc, ma famille et là il me font du bien, je m’assoies tranquillement dans l’herbe discute quelques instants avec eux, leur expliquer 2-3 petites règles supplémentaires pour qu’ils passent eux aussi une bonne journée.

J’enfile ma combinaison Colting (merci pour la confiance) , prends le temps de mettre une énorme couche de vaseline pour éviter de me brûler le cou…

Un dernier bisou 😘 à chacun d’eux, Un sourire et je pars me positionner dans mon sas.

1/4 Partie Swim

Je suis encore en train de me demander à ce moment-là si je choisirai le sas 1h15 ou le sas 1h20.

L’an dernier sur mon premier ironman j’avais mis 1h34 🙈 20 min de plus que ce que j’avais imaginé en prenant le départ, alors aujourd’hui je me question et je ne veux pas me surestimer… puis d’un coup je me rend compte que je suis plutôt entrain de me sous-estimer pour le coup 😆… alors je décide de prendre le sas 1h15 !

Il y a déjà une ambiance de folie dans les sas, on voit de tout, des gens stressés, des gens qui paraissent sereins, des gens seuls, d’autres en groupes d’amis, on voit des larmes 😢 oui, je fais parti de ses gens là qui lache une petite larme avant le départ en me remémorant ce que signifie un Ironman… ce rêve ultime que je ne pensais jamais atteindre un jour.

Le temps que tout le monde se mette en place je revis clairement ma course de l’an dernier à Vichy et je suis toute émue…

Des musiques 🎼 telles que « c’est la vie » de Khaled mettent les espagnols en folie 🔥🔥🔥 j’adore, je retrouve le sourire et je chante avec eux 🎶🎵 !

Il est bientôt l’heure de prendre le départ, J’entends le bip qui se rapproche, je ne stresse plus je suis bien, je sais que je dois faire le job.

Bip bip bip biiiiiip, voilà je m’élance! C’est bizarre mais je n’ai pas peur.

Rapidement je me mets à mon allure sans trop penser au reste, je ne réfléchis pas trop je sais qu’il faut nager tout droit pendant 1500m jusqu’à la prochaine bouée rouge 🔴, je pensais me faire passer dessus comme à vichy mais non, je suis dans le Mouv’ j’avance au même rythme que ce petit groupe et je me sens bien 🥰🙈.

Ma montre fais un Lap tous les 500m un coup d’œil je suis en 8’ quelque chose au 500m 😱🥰🙈 trop bien je suis bien.

Je prends quelques coups lors des virages, un énorme coup sur l’arcade qui me fait remplir mes lunettes d’eau 🥺😩, mais après quelques tasses bues, je me fais moi aussi ma place.

À partir de 2000m je ne sens plus la montre vibrer pour me signaler le Lap annonçant 500m de plus. 🤔 bizarre soit je fais du surplace, soit la montre bug 🙄.

Je vois enfin l’arrivée au loin, un dernier coup d’œil à la montre elle est toujours bloquée sur 2067m mais elle annonce 1h06… 🥰 génial ça veut dire que je suis bien ✌🏻…

je sors de l’eau après avoir pris encore quelques coups par ces sauvages 😂 qui veulent la même chose que moi sortir de ce lac et enfourcher leur vélo 🚲 !

Je sors en 1️⃣h1️⃣6️⃣ 😍 le temps espéré ! Je suis ravie, ma famille est là sur le bord, ils sont à fond, ils hurlent mon nom, je tape dans chacune des mains, ça me fait un bien de dingue.

J’enlève ma combi et place mon casque sur la tête avant de partir comme une fusée récupérer mon vélo! Le speaker parle de moi 🤩, SEVERINE from France 🇫🇷 … j’entame la montée sur le tapis rouge pour sortir du parc et ma famille Est de nouveau là 🥳🤩… j’adore tout est parfait jusqu’à maintenant.

2/4 Partie Bike

Je récupère Bike 🚴🏻‍♀️ et me voilà tout sourire en voyant ma famille qui donne de nouveau de la voix 📢. Je monte sur mon Mérida bike et je sais que cette partie s’annonce longue.

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2️⃣ tours de 73 km + 1️⃣ tour de 34 km soit 1️⃣8️⃣0️⃣km m’attendent !!

Je pars en étant hyper bien, en super confiance, les jambes répondent très bien et la tête y est. J’ai réellement envie de me dépasser sur cette partie qui est ma préférée.

Depuis le début de la saison j’ai clairement réussi à me démarquer sur la partie vélo de chacun de mes triathlons, ceci dit ⚠️ attention ⚠️ un Ironman c’est long, il faut arriver à ne pas « TROP » en faire et à la fois en mettre « SUFFISAMMENT » pour être des les clous… c’est là qu’est toute la difficulté de cette distance !

La première heure tout se passe parfaitement bien, je suis à 35 km/h de moyenne, je me sens bien, mise à part ce cou qui commence déjà à me tirer.

[ —> Je ne vous parle pas de tout, ou plutôt je n’ai pas voulu me plaindre la semaine de mon ironman il m’est arrivé de sacrées bricoles (infection urinaire +++, torticolis, brûlure dans le cou, début de mes règles 2 jours avant le départ ✌🏻) mais je pense qu’il est important de noter ça pour toutes ces filles qui auront peut être le même problème que moi à quelques jours de l’objectif ! ]

Bref ce mal au cou ne m’a absolument pas gêné sur la partie natation alors je me pensais débarrassé de celui-ci… mais en fait non, sur le vélo le cou me tire assez rapidement et je garde cette douleur du km 3️⃣0️⃣ au km 1️⃣8️⃣0️⃣ à chaque fois que je suis sur les prolongateurs ( presque tout du long) !

La première partie du bike me plait vraiment jusqu’au km 3️⃣5️⃣ c’est vallonné j’adore ce genre de parcours, un peu casse pattes mais j’aime beaucoup… puis les 20 km qui suivent sont tout autre chose, plat, paysage pas si plaisant contrairement au début du parcours, routes aux gros grains, j’aime Beaucoup moins et je m’ennuie, « ce n’est que le premier tour Séverine fais un effort bordel ».

On arrive enfin au km 6️⃣1️⃣ une grosse ambiance en ville, tous les espagnols sont sur le bord de la route, ils sont à fond et nous encouragent à s’arracher les cordes vocales c’est impressionnant !

On enchaine ensuite en solo (sans public) sur un faux plat montant pas super excitant…

Km 7️⃣0️⃣ on arrive enfin sur une partie moins roulante avec de belles côtes et bizarrement je me sens hyper bien, du monde sur les côtés, j’échange un Max de sourires, de Gracias, etc… les gens sont vraiment adorables.

Mais surtout ce qui me fait avancer, c’est que j’ai conscience que j’arrive au niveau de ma famille qui sont resté au lac comme convenu et que je vais pouvoir me revigorer de part leurs encouragements et leurs sourires 🥳 .

1️⃣ tour ✔️ 33,5km/h de moyenne 🤩 génial ça ! Je suis hyper fière de moi !

J’arrive au km 7️⃣4️⃣ et je ne vois toujours personne, la c’est un véritable coup dur pour moi, je dépense de l’énergie en râlant après moi… « j’ai du mal leurs expliquer, ils n’ont pas compris que j’aurais aimé qu’ils soient là pour mon premier tour, c’est dingue qu’ils ne soient pas resté, bordel j’espère qu’ils seront au km 1️⃣3️⃣0️⃣ en ville ou j’avais dit en deuxième temps… »

J’essaie de me concentrer sur ma course, mais je dois avouer que je commence à bien souffrir et physiquement et psychologiquement !

Je bois💧et m’alimente 🍫 au millimètre je ne veux pas flancher sur ce coup là, les gels Gu Energy s’enchaînent toutes les 45 min depuis le début et quand j’ai envie de manger du « dur » je prends un peu d’une de mes 2 barres CliffBar qui m’accompagnent.

Ce deuxième tour me semble déjà beaucoup plus difficile, pas étonnant, un vent 💨 sympathique est venu se rajouter à la partie et souffle à plus de 40km/h par rafales.

Mes triceps (bras) commencent à chauffer, tenir son bike de toutes ses forces pour éviter la chute demande pas mal d’énergie, énergie que je sens vite partir dans les choux avec ce vent !

J’arrive de nouveau sur la partie que j’aime le moins, le plat face au vent 💨 , ça m’agace😤, je souffre 😖😫, je ne cesse de voir mon chrono qui baisse ma moyenne totale, je n’y arrive pas, je n’ai plus la force, ça ne m’arrive jamais ou presque jamais, mais là je pense réellement à l’abandon. Je n’arrête pas de me dire : « mais pourquoi te faire autant de mal ? Tu n’as pas été assez mal traité comme ça ? Tu t’infliges des trucs horribles comme il te faisait vivre…? »🥺.

Je crampe sur le vaste interne de mon quadriceps en sentant bien que celle-ci était bien là et qu’elle ne me lâcherai pas tout de suite. Je prends alors l’initiative de me mouiller les jambes avec l’eau fraîche que je viens de prendre au ravito…

Cette crampe reviendra plusieurs fois durant ma course, une première pour moi de cramper à cet endroit là !

Bref ça fuse dans ma tête, ça n’arrête pas.

Au km1️⃣3️⃣0️⃣ j’arrive de nouveau en ville et j’ose imaginer qu’ils seront là, j’ai besoin de ça !! 🙏🏻🙏🏻 Svp svp soyez là, j’ai besoin de vous, vraiment besoin de vous…

Je traverse l’ensemble de la ville acclamée de nouveau par énormément de personnes, MAIS ma famille n’est pas là 😢.

Je sors de la ville et me retape ce faux plat montant interminable, je souffre et je pleure 😭 quelques minutes.

Je me reprends rapidement en me disant que maintenant que je suis au km 1️⃣3️⃣0️⃣, je ne peux pas abandonner, que la vie est remplie de moments difficiles, qu’elle ne m’a déjà pas fait beaucoup de cadeaux et qu’aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir faire ce sport que j’aime tant et qui me passionne !

Je repense à pourquoi je suis là, à ce que j’ai déjà parcouru et ce qu’il me reste à faire (évidemment dans ce cas là, je ne pense absolument pas au marathon, je comptabilise uniquement les km restant en vélo, le marathon on verra ça en posant le bike).

Je suis contente au Km 1️⃣4️⃣0️⃣ de trouver ces cotes qui longent le lac, il y a un peu moins de monde pour nous encourager mais les gens sont tellement gentils que je retrouve le sourire malgré la douleur.

Je sais qu’une fois en haut au km 1️⃣4️⃣6️⃣ il ne me restera que 3️⃣4️⃣ km pour aller déposer mon vélo à la T2️⃣ et je sais surtout que c’est un petit bout de parcours que je n’ai pas reconnu, ça me fera une petite distraction de plus pour oublier ma souffrance actuelle.

Ce fut effectivement le cas, une belle côte nous attendait sur cette portion, finalement elle passe bien, les cuisses sont un peu raides mais ça passe.

Je continue de nouveau sur le plat, sur la portion que je déteste que l’on emprunte pour la 3️⃣e et dernière fois, je crampe exactement au même endroit que sur le tour précédent, même méthode un peu d’eau fraîche semble me faire passer la crampe.

Je suis au km 1️⃣7️⃣5️⃣ il reste 5 km je relâche, je mouline à bloc et je m’accroche, je finis même par être fière de moi, même si effectivement ma vitesse a chuté à 32,5km/h de moyenne je suis assez fière d’avoir été capable d’aller contre cette envie extrêmement forte d’abandon.

J’arrive dans le centre de 🇪🇸 Vitoria-Gasteiz, l’ambiance est folle, je vois la ligne sors mes pieds des chaussures et descends du vélo juste avant la ligne. Des enfants 👧🏻🧒🏻 sont là, il me prennent le bike et sur le coup je ne comprends pas, je crois que je ne suis plus très Lucide à mon arrivée et je n’ai pas l’habitude que l’on récupère mon bike sans que j’aille le déposer moi même.

Je reprends mes esprits, leur sourit et leur

laisse mon bike avec un immense bonheur.

2️⃣0️⃣0️⃣m sépare cette ligne de la T2️⃣ , j’ai l’impression que l’on est dans un film, je n’ai jamais vu une ambiance comme celle-ci 🙈🤪🔥, les bénévoles sont à fond, me tape dans les mains, hurlent, le public est en folie vraiment !

J’aperçois mon Père, grand sourire 😃, je vois qu’il est hyper fier (j’apprendrai plus tard qu’il aura attendu 2h en plein soleil pour pouvoir avoir cette place et pouvoir m’encourager dès la dépose du vélo 🥰), j’entends ma famille plus loin qui hurle à leur tour, ma mère a la voix tremblante 😘 c’est incroyable ce que je suis en train de vivre, je vole, je n’ai plus mal, je suis comme dans un rêve ☺️.

J’entre enfin dans la T2️⃣ et je me remets à fond dedans « reste lucide Sev, cherche ton sac et enfile moi tout ça, n’oublie rien surtout ».

Tout en enfilant mes manchons de compression, puis mes chaussures j’entends la voix de ma mère « Allez ma Sev, tu es la meilleure, une vraie championne, c’est super ce que tu fais » je ne la vois pas, mais je souris, je me dit qu’elle est à bloc, que je l’aime et que je ne la remercierai jamais assez pour tout ce qu’elle a fait pour moi.

J’entends à présent mon frère et mon beau père qui hurlent que je vais sortir sans tarder de la transition.

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Je pose le sac et je repars, dossard en avant et je les vois enfin, grand sourire 😃 qu’ils me renvoient tous, une tape dans chaque main 🖐🏻 et je cours vers les toilettes pour y faire le premier pipi de la compétion ( j’avais fais pipi dans ma combi aussi mais chut 🤫 🤪) .

Je cours vers la sortie de la T2️⃣ et la…. ce qui va suivre est juste magique !

3/3 Course à pied 🏃🏻‍♀️

Je sors de la T2️⃣ avec un Smile à m’en décrocher la mâchoire, je suis dans un rêve les gars, il y a une foule en délire, je ne sens plus rien du tout, je vole c’est clair, c’est net, je suis de nouveau heureuse et requinquée comme si je n’avais rien fait…

Les gens sont là par milliers, les uns sur les autres, ils hurlent « campeóna, máquina, que guapa … animo 🔥 » !! Je n’ai jamais vu ça ! Il y a une telle ferveur, on se croirait dans un film je vous jure.

Les espagnols sont de très grands spectateurs qui savent vous requinquer en l’espace de 5 min !

Je longe pour la première fois la ligne d’arrivée 🏁 mais je m’interdit de regarder l’arche, tu la regardera quand tu seras au premier tour, puis au second etc Etc… avant ça tu as 1️⃣0️⃣ bornes à faire !

J’avance au milieu de cette foule qui me touche, me sourit, m’acclame, je pars vite, beaucoup trop vite sans regarder ma montre ⌚️ puis je traverse cette rue étroite où les gens sont de chaque côté a applaudir à 10cm de moi, ces gens que je ne connais pas et qui m’encourage comme si j’étais une championne 🙈.

Très rapidement mon corps me demande et surtout m’oblige à ralentir, mes quadriceps se tendent et crampes sans prévenir. Ma cuisse est raide et je vois enfin le premier ravito arriver!

J’essaie de m’étirer en amenant ma jambe jusqu’à ma fesse mais impossible la crampe est si forte que je dois me mettre au sol sur mes talons pour forcer mon quadriceps à se fléchir !

Je crie, j’ai mal, j’ai mal physiquement mais aussi mentalement… bordel je suis au Km 2️⃣ de mon marathon, je me pose 1000 questions « mais comment tenir 1 marathon dans de telles conditions ? Faut-il que j’utilise une foulée différente pour contraindre le muscle à forcer autrement ? Suis je la seule à souffrir comme ça ? Mais pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi? »

Les bénévoles viennent vers moi et ne comprennent pas ce qu’il m’arrive, ils appellent le médecin et sont à deux doigts de me faire monter dans une ambulance 🚑, hors de question de rentrer dans une ambulance pour des crampes, c’est mort 😵 !!

Je prends de l’eau, des glaçons, je mets tout ça sur mes cuisses étire un Max, et je m’oblige à repartir !!!

(Merci à tous ces bénévoles qui ont essayé que je reparte au mieux).

Je croise de nouveau ma famille et leur explique de loin que je suis dans le mal, que les crampes sont de la partie.

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Les crampes mettrons 5/6 km avant de disparaître totalement!

Je m’impose un rythme simple de ravitaillement sur le 1️⃣er tour ! Une eau fraîche pour boire + une eau pour vider sur mes jambes et sur ma tête. Ce premier tour est long et ça fuse dans ma tête, ça ne s’arrête pas, je ne vois pas comment je pourrais venir à bout de ce marathon 🥺😖.

Je récupère enfin mon premier chouchou, et je me rends compte qu’il y en aura 4 🤗 ce que je vois surtout c’est que contrairement à d’autres marathon sur Ironman celui-ci fera bien 4️⃣2️⃣ km 😫 chaque tour fait 10,5km et ça change beaucoup 2 km de plus à ce stade là.

Je me rapproche de l’arène où se trouve l’arche d’arrivée et j’aperçois ma famille toujours à bloc 🗣📣♥️🏃🏻‍♀️! Je prends le temps de m’approcher vraiment et les toucher pour leur faire comprendre que je suis dans le mal le plus total et que je subis clairement ce marathon !

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Je lache quelques larmes en continuant mon chemin, puis 100m plus loin j’entends de nouveau cette ferveur dans l’arène 🏟, ces musique 🎶 de conquérant, je vois l’arche, je regarde le ciel et je me félicite d’être là où je suis aujourd’hui !

Je souris, je frissonne, je suis heureuse 🤗.

À partir de là, mon mental a repris le dessus, je suis en mode conquérante et je vais venir à bout de ce marathon.

Je les vois de nouveau au km 1️⃣1️⃣, maman me dit « calme toi fille, vas y tranquille, pas de pression c’est bien » je vois bien que mon message précédent ou je leurs expliquait que c’était très dur est mal passé, maman a du mal à me voir souffrir comme ça et c’est normal. Je prends le temps de la rassurer et lui dire ça va aller 💪🏼.

Mon petit frère, mon père, mon beau père et Auxane envoient tout ce qu’ils peuvent pour me renvoyer de l’énergie positive 👌🏻 impec je suis requinquée de nouveau.

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Le 2️⃣e et le 3️⃣e Tour de Course à pied se passeront mieux, j’ajoute à mon rituel de ravitaillement une poignée de biscuits salés et je prends le temps de les manger et de boire en marchant, sans courir, tranquille (c’est le seule moment où je m’autorise à marcher 10/20 secondes)

Je récupère également des éponges que je place dans ma trifonction parce qu’il commence à faire bien chaud dans les rues de Vitoria-Gasteiz ☀️.

Les espagnols sont toujours là et toujours à fond avec des encouragements sur la totalité ou presque du parcours, c’est dingue vraiment 🥰.

Je récupère le chouchou, je rentre de nouveau dans l’arène en faisant ce fameux décompte, plus que 2 fois à passer la, plus qu’une fois, etc…

Ma famille est encore là, et cette fois j’ai droit à une Holà de leur part et c’est juste énorme… autant d’amour partagé, je ne les remercierai jamais assez pour ces instants 🙏🏻♥️.

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Je suis à présent sur mon dernier tour, mon allure diminue, je reste plus longtemps sur les ravito, j’ai perdu le fil, la niak, j’ai juste envie d’aller au bout sans souffrir de trop.

Je ne sais pas comment vous expliquer, je sais que sur ce tour là j’aurai pu aller chercher les quelques minutes que je voulais gagner, mais ma tête ne veut plus, mes jambes non plus d’ailleurs ! Je veux être confortable tout en ayant mal mais pas souffrir le martyre.

Je vois beaucoup de monde marcher, souffrir, avoir chaud, s’arrêter complètement…

C’est encore ma famille qui me fait aller plus vite, je pense à eux, je pense à cette place qu’ils ont dû aller prendre dans les tribunes, de ces heures passées a m’attendre, à m’encourager, etc… je pense à eux et je garde ce rythme pas très élevé qui m’amène vers l’arrivée 🏃🏻‍♀️🏁.

J’arrive au dernier chouchou, il reste 1️⃣km 🤩, j’entre pour la dernière fois dans cette arène plaça de España 🏟 et je frisonne de nouveau je sais qu’il ne reste que quelques mètres avant de franchir cette ligne !

….

J’entre dans cette arène 🏟, elle est en feu 🔥, les gens constatent que c’est mon dernier tour, j’ai tous les chouchous au poignet, j’ai le Smile mais aussi la fatigue qui s’inscrivent clairement sur mon visage.

Ils donnent alors encore plus de la voix « campeona 📣 » ; « máquina 📣» , ils me tendent leurs mains, je tape dans chacune d’elle, le sourire jusqu’aux oreilles, je suis tellement heureuse de cette délivrance qui va avoir lieu dans quelques secondes, je ne sens plus la douleur, les jambes sont de nouveau là et le reste de la course n’est plus présente dans ma tête à ce moment là!

Je ne pense qu’au moment présent.

Je m’approche efficacement de cette ligne et je suis portée par la musique et la voix de ces supporters hors normes 🎶🗣.

Je suis à la bifurcation entre faire un tour supplémentaire et la fameuse ligne d’arrivée 🏁, je sais que c’est enfin mon tour, que c’est enfin à moi de profiter du bonheur et de la délivrance de cet arche !

Je constate la joie de l’homme devant moi, il saute partout sur le tapis (je ne pense pas encore au fait que ça va gâcher absolument toutes mes photos finisher 😂, je suis heureuse pour lui) , je cherche ma famille dans les tribunes mais je ne les voient pas, je pense alors que c’était sûrement trop difficile d’accès et qu’ils n’ont pas réussi à y accéder.

Un dernier regard sur cette montre ⌚️, et c’est enfin à moi, cette arche est là devant moi, je la regarde avec des étoiles dans les yeux pour la seconde fois, cette arche qui signifie l’aboutissement d’une course hors norme mais également d’une prépa longue et difficile !

J’ai l’impression que je suis forte et que cette fois je ne pleurerai pas !

En passant la ligne je serre les poings 👊🏼 une première fois pour moi, une telle réaction ne me ressemble pas, mais je comprends c’est mon tout corps qui parle ! Ce geste c’est le signe que j’ai lutté sans relâche pour passer cette ligne.

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J’aperçois enfin ma famille sur la gauche et je tombe littéralement dans les bas de mon petit frère en pleurant comme un bébé ! Je prends alors ma famille dans les bras et les remercie encore d’avoir été là, leur signalé de nouveau que ça a été dur, très dur ! Sans eux je ne suis pas sure de pouvoir faire une si belle course, leur aide m’est vraiment précieuse et me donne la force de me Dépasser.

Ça y est je l’ai fait, je suis finisher de mon second Ironman en 11h12’37’’ d’effort 🔥.

J’aperçois Baptiste sa médaille déjà au tour du cou, grand sourire, ce champion qui finira sa course en 9h24’ avec à peu de choses près les mêmes ressentis au niveau de sa course.

Une course dans le dur que je ne suis pas prête d’oublier. Je suis très heureuse de voir son grand sourire 😃.

Vous l’aurez compris avec acharnement, détermination, entraînements et une bonne dose de Force mentale, vous pourrez vous aussi venir à bout d’une telle course. C’est un véritable bonheur de passer cette ligne.

Merci encore à vous tous pour les encouragements et vos messages de félicitations avant, pendant et après la course.

Je vous souhaite de vivre la même expérience un jour.

Et de pouvoir l’apprécier comme il se doit, qu’elle se passe parfaitement bien comme mon premier ou plus dans la douleur comme le second ça reste un moment inoubliable.

Merci à tous

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